Pourquoi est-ce si difficile de se choisir?
Culpabilité, peur de l’abandon et retour à soi
Savoir ce que les autres attendent de nous peut parfois sembler beaucoup plus facile que de répondre à une question pourtant toute simple:
« Et moi, qu’est-ce que je veux ? »
Avec les années, les responsabilités, la famille, le travail et toutes les personnes dont nous prenons soin, nous pouvons devenir particulièrement attentives aux besoins des autres.
Nous anticipons.
Nous organisons.
Nous nous adaptons.
Nous faisons en sorte que tout fonctionne.
Et parfois, presque sans nous en rendre compte, nous finissons par nous écouter de moins en moins.
Pourquoi est-ce si difficile de se choisir ?
Culpabilité, peur de l’abandon et retour à soi

Savoir ce que les autres attendent de nous peut parfois sembler beaucoup plus facile que de répondre à une question pourtant toute simple :
« Et moi, qu’est-ce que je veux ? »
Avec les années, les responsabilités, la famille, le travail et toutes les personnes dont nous prenons soin, nous pouvons devenir particulièrement attentives aux besoins des autres.
Nous anticipons.
Nous organisons.
Nous nous adaptons.
Nous faisons en sorte que tout fonctionne.
Et parfois, presque sans nous en rendre compte, nous finissons par nous écouter de moins en moins.
Alors lorsque vient le moment de nous choisir, une émotion apparaît souvent : la culpabilité.
Pourquoi culpabilisons-nous lorsque nous nous choisissons ?
Dire non à une demande. Prendre du temps pour soi. Poser une limite. Exprimer une envie différente. Se reposer alors qu’il reste encore des choses à faire…
Ces situations peuvent sembler anodines et pourtant provoquer un véritable inconfort.
Une petite voix apparaît :
Est-ce que je suis égoïste ?
Est-ce que j’aurais dû accepter ?
Est-ce que cette personne va mal le prendre ?
Est-ce que je vais la décevoir ?
La culpabilité peut alors nous conduire à revenir sur notre décision ou à accepter quelque chose qui, au fond, ne nous convient pas.
Pourtant, ressentir de la culpabilité ne signifie pas nécessairement que nous avons fait quelque chose de mal.
Parfois, nous sommes simplement en train de faire quelque chose que nous avions peu l’habitude de nous autoriser : prendre notre propre ressenti en considération.
Derrière la culpabilité, la peur de perdre le lien
Il peut être intéressant d’aller un peu plus loin.
Car derrière cette difficulté à dire non ou à poser nos limites peut parfois se cacher une autre peur : celle de décevoir, de ne plus être aimée de la même manière, de créer un conflit ou de voir l’autre s’éloigner.
Et c’est ici que la blessure d’abandon peut venir résonner.
Lorsque nous pensons à l’abandon, nous imaginons souvent quelqu’un qui part ou qui nous quitte.
Mais il existe une forme beaucoup plus discrète d’abandon de soi.
Celle qui consiste à se quitter soi-même pour être certaine que l’autre reste.
Dire oui alors que nous ressentons non.
Ne pas exprimer ce qui nous a blessée.
Faire systématiquement passer les besoins des autres avant les nôtres.
Accepter encore une fois ce qui ne nous convient pas.
Renoncer progressivement à certaines envies.
Pris séparément, chacun de ces petits renoncements peut sembler insignifiant. Mais lorsqu’ils se répètent, une distance peut progressivement s’installer avec nous-mêmes.
Jusqu’à parfois ne plus très bien savoir ce que nous voulons réellement.
Être en relation sans s’oublier
Prendre soin des autres n’est évidemment pas le problème.
Aimer implique aussi de faire des compromis, de nous adapter et de tenir compte des besoins des personnes qui partagent notre vie.
La question est plutôt :
« Dans cette relation, est-ce que je reste également en lien avec moi-même »
Puis-je reconnaître ce que je ressens ?
Puis-je exprimer un besoin différent ?
Puis-je dire non sans avoir immédiatement peur de perdre le lien ?
Puis-je avoir une envie qui m’appartient ?
Parce que prendre soin d’une relation ne devrait pas systématiquement nous demander de rompre la relation avec nous-mêmes.
Revenir au corps pour retrouver ses sensations
Lorsque nous avons passé beaucoup de temps à réfléchir à ce que nous devons faire, à ce qui serait raisonnable ou à ce que les autres attendent de nous, revenir au corps peut devenir une porte particulièrement intéressante.
Dans le yoga, nous apprenons justement à porter notre attention sur les sensations, le mouvement et le souffle.
Non pas pour demander au corps de prendre toutes les décisions à notre place, mais pour recommencer à remarquer ce qui se passe en nous.
Est-ce que je me contracte ?
Est-ce que ma respiration change ?
Est-ce que je ressens de l’élan ?
De l’inconfort ?
Une envie d’avancer ou, au contraire, de prendre de la distance ?
Se reconnecter à soi commence parfois simplement par recommencer à sentir.
Le chakra sacré : désir, sensations et mouvement
Cette exploration fait également écho à Svadhisthana, le chakra sacré.
Dans la tradition du yoga, le chakra sacré est associé à l’élément eau, aux sensations, au désir, au plaisir, à la créativité et au mouvement.
Et l’image de l’eau est particulièrement intéressante lorsque nous parlons de reconnexion à soi.
L’eau circule. Elle rencontre des obstacles. Elle change de forme. Elle avance et se retire.
Comme la marée.
Nous aussi, nous évoluons.
Nos envies peuvent changer. Nos besoins également. Ce qui nous convenait autrefois ne nous correspond peut-être plus aujourd’hui.
Nous autoriser à reconnaître ces mouvements intérieurs peut déjà être une manière de nous rapprocher de nous-mêmes.
Une question très simple pour commencer à se choisir
Il n’est pas nécessaire de bouleverser toute sa vie pour commencer.
Essayez simplement de vous demander :
« Et moi, de quoi ai-je envie aujourd’hui ? »
Ne cherchez pas une grande réponse.
Peut-être aurez-vous envie de marcher.
De rester seule un moment.
D’écouter de la musique.
D’appeler quelqu’un.
D’aller voir la mer.
De vous reposer.
De dire non à quelque chose.
Ou au contraire de dire enfin oui à une envie que vous repoussez depuis longtemps.
Laissez simplement la réponse apparaître.
Car retrouver le chemin vers soi peut commencer par des choses minuscules : une préférence que l’on écoute, une limite que l’on respecte, une sensation que l’on reconnaît, une envie à laquelle on redonne une place.
Se choisir ne signifie pas choisir contre les autres.
Cela signifie peut-être simplement ne plus disparaître de sa propre vie pour conserver une place dans celle des autres.
Et parfois, c’est ainsi que commence le retour à soi.
🎧 Pour aller plus loin avec Les Marées Intérieures
Dans le nouvel épisode de mon podcast Les Marées Intérieures, Pourquoi est-ce si difficile de se choisir ? – Culpabilité, peur de l’abandon et retour à soi, je vous accompagne plus intimement dans cette réflexion.
Vous pouvez écouter l’épisode directement ici sur le site ou le retrouver sur ma chaîne YouTube.

Valérie , Reconnexion à soi
